Prendre des risques intelligents lors de périodes de volatilité

22 décembre 2016 par Banque Nationale
Graphique boursier

Bien qu’il puisse être risqué d’investir, la diversification peut contribuer à protéger votre portefeuille contre les effets des cycles économiques.

Le risque lié à l'investissement est un fait indéniable auquel tout investisseur doit faire face lorsqu’il est à l’étape des décisions quant à la gestion de son patrimoine durement gagné.

Bien comprendre les risques

Martin Lefebvre affirme toutefois qu’il peut être avantageux de prendre des risques intelligents, à condition de comprendre dans quoi l’on s’embarque.

« Vous devez d’abord connaître votre réelle tolérance aux risques », souligne M. Lefebvre, vice-président, chef des placements et conseiller stratégique à la Banque Nationale Gestion privée 1859.

« Trop souvent, les investisseurs prennent des risques plus grands lorsque les marchés se portent bien, mais se retirent au mauvais moment lorsque la situation se corse. C’est là une grave erreur. »

Lorsque l’économie mondiale est exceptionnellement volatile, il est particulièrement important de bien comprendre son profil de risque. Il peut être tentant d’opter pour certains placements prometteurs de gros rendements, mais comme l’indique M. Lefebvre, si vous n’êtes pas à l’aise avec la volatilité du marché, vous devriez opter pour un profil conservateur dès le départ.

« Un risque demeure un risque et la définition d’un risque intelligent est très subjective », précise George Christison, auteur et fondateur du site Web Investingforme.com de la Colombie-Britannique.

« C’est seulement après coup que l’on peut juger de la justesse ou de la stupidité de nos choix. Comme c’est seulement avec le recul qu’un investisseur peut qualifier la nature d’un risque », dit-il. Par exemple, lorsque le baril de pétrole se vendait 140 dollars américains, on croyait qu’il était peu futé de vendre ses actions dans le secteur de l’énergie, car bien des experts prédisaient que le prix du baril de pétrole atteindrait un plateau de 200 $.

À l’époque, il aurait été considéré comme risqué de vendre ses actions à 140 $. « Avec le recul, on considère qu’il s’agit d’un risque intelligent », dit-il.

Diversifier ses placements

Pour atténuer le risque, M. Lefebvre affirme qu’il est dans l’intérêt des investisseurs de diversifier leur portefeuille de placements.

« La clé du succès réside dans la diversification. En combinant des actifs non corrélés comme des actions et des obligations, vous parviendrez, avec le temps, à un meilleur équilibre entre le risque et le rendement », dit-il.

« En détenant des actifs non liés comme des actions et des obligations et en diversifiant votre portefeuille d’actions par secteurs et régions, vous stabiliserez votre rendement au fil des années. Vous pouvez aussi diversifier davantage votre portefeuille en y ajoutant des actifs réels comme des biens réels et des infrastructures », explique-t-il.

Pour contrebalancer les risques inhérents aux actions, M. Lefebvre souligne qu’on peut avoir recours à des obligations d’État, au dollar américain ou à l’or, des placements dits sécuritaires qui ont tendance à bien performer dans un environnement risqué et qui peuvent entraîner une correction du marché boursier.

« Comme ces stratégies permettent de réduire au minimum la volatilité, vous pourriez certainement perdre quelques occasions de faire des gains si le marché connaissait une tendance à la hausse. Mais comme elles permettent également d’atténuer les effets d’un ralentissement des marchés, la phase de récupération est beaucoup plus courte. »

« L’utilisation d’une stratégie de diversification pour atténuer la volatilité permet de mieux calculer les risques, affirme M. Lefebvre.

« Si le marché chute de 50 %, il devra remonter de 100 % pour revenir au point où il était avant la correction. En revanche, vous aurez besoin uniquement d’un redressement de 43 % pour compenser un recul moins important, par exemple de 30 %, explique­-t-­il. Cela fait une énorme différence à long terme. Votre meilleure offensive pour prendre des risques calculés est votre capacité à manœuvrer stratégiquement entre les différentes classes d’actifs selon le contexte financier et économique. »

Porter attention aux cycles économiques

Peu d’investisseurs voire des conseillers professionnels obtiennent de meilleurs résultats en essayant de prévoir les mouvements du marché. Parallèlement, du point de vue de la gestion des risques, il est sensé de porter attention aux cycles économiques et aux types d’avoirs dans le portefeuille.

« Chaque cycle économique comporte une série de phases, et chaque branche d’investissement a tendance à se comporter en conséquence’, précise M. Lefebvre. En période de reprise, lorsque les effets d’une politique monétaire favorable se font sentir, les titres qui sont sujets à des variations en début de cycle comme ceux du secteur de la consommation discrétionnaire ont tendance à mieux performer que ceux des autres secteurs. Lorsque le cycle arrive à maturité et qu’une progression de l’inflation est suivie par un resserrement du marché du travail, ce sont les titres cycliques de fin de cycle comme ceux du secteur des matières et de l’énergie qui affichent un meilleur rendement. »

Il arrive que les banques centrales haussent les taux d’intérêt à ce stade du cycle économique. Cette situation ne s’est pas produite depuis des années, même si la Réserve fédérale américaine a haussé ses taux de 25 points de base en décembre dernier.

« Une progression des taux et un resserrement sévère des critères d’octroi de crédit peuvent donner lieu à une récession, explique M. Lefebvre. Lorsque c’est le cas, ce sont les actions défensives comme celles du secteur des services publics, des soins de santé et des produits de première nécessité qui prennent les devants. »

« Comme les taux d’intérêt continuent d’être bas, les directeurs de la Banque Nationale Gestion privée 1859 ont tendance à privilégier les stratégies à rendement absolu, qui mettent l’accent sur un ensemble d’émetteurs de titres de créance à rendement élevé, d’occasions d’arbitrage et de billets structurés », dit-il.

« Ils portent peu d’attention au risque politique que comportent certains événements mondiaux comme les guerres et les changements de régime », précise-t-il.

De leur point de vue, il est trop difficile d’en analyser les effets et cette approche ne s’inscrit pas dans le cadre d’une approche dite intelligente.

Découvrez d’autres astuces et conseils pour mieux gérer vos finances personnelles en vous inscrivant à l’infolettre Banque Nationale

Notes légales 

Les articles et renseignements accessibles sur ce site Internet sont protégés par les lois sur le droit d'auteur en vigueur au Canada ou dans d'autres pays, le cas échéant. Les droits d’auteur dans ces articles et renseignements peuvent appartenir à la Banque Nationale du Canada, à ses filiales ou à d'autres personnes. Toute reproduction, rediffusion, communication par télécommunication, incluant par référence via un hyperlien, ou toute autre utilisation non explicitement permise, de la totalité ou d’une partie de ces articles et renseignements, est interdite sans le consentement préalable et écrit de leur titulaire respectif.

Le contenu de ce site est fourni qu’à des fins d’information générale et ne doit d’aucune façon être interprété, considéré ou utilisé comme s’il constituait des conseils d’ordre financier, juridique, fiscal ou autre. De plus, l'information présentée sur ce site web, qu'elle soit d'ordre financier, fiscal ou réglementaire, pourrait ne pas être valable à l'extérieur de la province du Québec.

Cet article est offert par Banque Nationale Courtage direct (BNCD) à titre informatif seulement. Il ne crée aucune obligation légale ou contractuelle pour BNCD et le contenu des programmes et des conditions qui y sont décrits est sujet à changement.

Les hyperliens contenus dans cet article pourraient rediriger vers des sites externes qui ne sont pas administrés par BNCD. BNCD ne peut être tenue responsable du contenu de ces sites externes.

Les opinions présentées dans ce texte sont celles de la personne interviewée. Elles ne reflètent pas nécessairement les opinions de BNCD.

 

Catégories

Catégories